La figure de l’ambassadeur et les gestes de la diplomatie dans le Discours des cérémonies du sacre et mariage d’Anne de Foix (1502) du héraut « Bretagne » : dits et non-dits

Créateur

Identifiant

Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest

Référence

130, 2

Date de création

2023

Format

p. 103-118

Résumé

Pierre Choque, roi d’armes d’Anne de Bretagne, accompagne en 1502 la princesse Anne de Foix lorsqu’elle part rejoindre le roi de Bohême et de Hongrie, Vladislas II Jagellon, qu’elle a épousé par procuration. Le héraut « Bretagne » a laissé un récit de ce voyage et des cérémonies organisées à Venise et à Buda en l’honneur de la jeune cousine de la reine, à l’occasion de son mariage. Ce texte, livre de précieuses informations sur les gestes de la diplomatie. Pierre Choque accorde une attention particulière aux questions de rang et de protocole, aux places qu’occupent les ambassadeurs et aux gestes qu’ils font. Il insiste notamment sur la figure de François Tournemine, seigneur de la Guerche, ambassadeur d’Anne de Bretagne et de Louis XII, et met en évidence sa préséance sur les autres envoyés. Il décrit son audience avec le doge de Venise et son rôle actif au moment du sacre, sa participation aux gestes du rituel. L’intérêt de ce texte réside aussi dans ce qu’il ne dit pas. Pierre Choque évoque les harangues prononcées par François Tournemine, sans jamais en livrer un seul mot. Il ne dit rien des cadeaux offerts à l’ambassadeur et ne s’étend guère sur la manière dont il est logé. Il passe également sous silence les préparatifs du voyage car l’aspect matériel et financier importe peu à ses yeux. Le héraut breton cherche avant tout à dépeindre les solennités réservées à Anne de Foix. Son récit, en ce sens, met bien en lumière la théâtralité de la diplomatie.

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Type

Article dans une revue